Dessin d’Antoine Oriola

HERMES, LE DIEU ESPIÈGLE

Commande d’écriture à l’auteur Arnaud Beaujeu

EN CRÉATION 

Enfant espiègle, adolescent impertinent, jeune homme dévoué, protecteur des voyageurs et accompagnateur des âmes égarées, Hermès est un dieu proche de nous par sa jeunesse et son rire atemporels.

Il serait même, dit-on, l’inventeur de l’écriture, ce qui invite le spectateur à devenir à son tour le déchiffreur d’une mise en scène à la portée initiatique : le parcours léger d’Hermès à travers les chemins de nos existences trouve de nombreux échos dans le monde contemporain, tout en nous éveillant aux merveilles de l’instant, qu’il s’agisse d’entendre le murmure des étoiles ou d’observer la vie sous un brin d’herbe…

Qu’Hermès dépose une pierre comme un simple repère, qu’il éteigne une bougie ou joue un air de flûte, son souffle et son esprit ne cessent de nous questionner de sa joie traversante ou comme un jeu d’enfant.

Arnaud Beaujeu auteur

DATES ET LIEUX

  • 18 novembre 2019 – 19h30 – Auditorium lucée Carnot – Cannes (06)
  • 26 novembre 2019 – Théâtre Le Pré des Arts – Valbonne (06)
  • 16 & 17 janvier 2020 – Théâtre Marelios –  La Valette (83)
  • 19 – 20 – 21 mars 2020 – Théâtre national de Nice (06)
  • 1er avril 2020 – Aquarium – Mouans-Sartoux (06)
  • 3 avril 2020 – 10H00 ET 14H30 – Théâtre du musée Gadagne – Lyon (69)
  • 4 avril 2020 – 16H30 – Théâtre du musée Gadagne – Lyon (69)
  • 7 avril 2020 – 10H00 ET 14H00 – Scène 55, Mougins (06)
  • 8 avril 2020 – 10H00 ET 19H00 – Scène 55, Mougins (06)

“Hermes” un conte initiatique

Hermès est un jeune dieu farceur, menteur, rusé et voleur, qui raconte des histoires à dormir debout. Il est aussi un dieu mystérieux car il possède le don d’ubiquité et de divination. Il est connu pour être le messager entre les dieux et les humains. Il est moins connu pour être un passeur entre la vie et la mort, un passeur d’âmes égarées.

Enfant, rieur, adolescent impertinent, jeune homme mystérieux, Hermès ouvre une page irrationnelle et poétique en nous invitant à voir la vie, « la vie sous un brin d’herbe ».
Avec lui la vie est un questionnement perpétuel : « Comment trouver sa place parmi les autres ? Que devient-on après la mort » ?

« Hermès dieu du voyage et des passages, puissance du va-et-vient d’un monde à l’autre » (JP Vernant).

Il invente l’alphabet, puis l’écriture pour “garder la trace de la vie des hommes, de leurs aventures extraordinaires”.

D’où l’inspiration d’un spectacle en “papier” avec des marionnettes, des figures à différentes échelles, au graphisme très contrasté.  Les yeux,  la bouche, les sourcils s’animent joyeusement. Cette animation accentue leur présence irréelle.

C’est aussi un théâtre de proximité qui implique un contact plus intimiste avec les spectateurs.

Sylvie Osman metteure en scène  

QUESTIONS/REPONSES

Avec Sandrine Maunier

Qui est Hermès ?

« Hermès » est devenu pour moi, ce personnage attachant croqué par Antoine aux quelques traits épurés, au visage allongé, à la mèche en pagaille sur le côté et aux yeux malicieux qui tire la langue … un Hermès « joyeux » !

Qu’aimes-tu chez ce jeune dieu ?

Hermès vit ses expériences depuis son « impulsion première ». Il est spontané et a le cran d’assumer les conséquences de ses actes. Il donne un grand coup de pied dans la fourmilière et fiche la pagaille dans l’Olympe. Il aurait tort de ne pas essayer. Après tout c’est un dieu, il fallait bien qu’il se distingue des autres…

Quels sont les défauts et les qualités d’Hermès ?

La liste me semble tellement longue qu’il faudrait une mythologie entière pour développer cette réponse… mais c’est ce qui le rend attachant et épique !

Qu’aurais-tu aimé faire avec lui ?

Passer une soirée d’été à regarder le ciel avec lui à la recherche de formes dans le dessin des étoiles.

Y a-t-il une chose que tu partages avec Hermès ?

Hermès inventa l’écriture pour que les hommes puissent écrire leurs vies du présent, du futur et du passé. Cette importance de tracer certains mots, pour ne pas tomber dans l’oubli, a un écho profond concernant une autre recherche artistique que je réalise en ce moment même.

Quelles sont tes inspirations pour créer les personnages ?

Imaginer les « silhouettes des âmes errantes », celles qu’Hermès propose à Hadès de récupérer pour les conduire à la barque du Passeur… il n’en fallait pas moins pour ouvrir la porte de mon imaginaire…
Mes recherches s’orientent vers une matière quasi transparente où le volume doit se remplir de lumière, où le mouvement doit être d’une légèreté quasi indomptable… C’est devant la lumière que j’ai commencé à tailler les contours de ces silhouettes minutieuses qui méritent le « respect » pour jamais tomber dans l’oubli.

Tu crées, tu travailles beaucoup à partir du Papier. Pourquoi ce matériau t’attire ?

Mon attirance pour cette matière a pris consistance quand j’ai commencé à m’intéresser au théâtre d’ombre.
Le « papier » laisse passer la lumière et lui permet de révéler son « état », sa texture, son grammage, sa porosité.
La « lumière » se fraie un chemin dans le papier, elle met en valeur ses imperfections en les sublimant, elle se laisse guider à travers les volumes et elle détoure chaque ciselage avec une chaleur rayonnante.
Les « ombres de papier » peuvent exprimer un nuancier de sensations qui me permet de toucher le public de manières subtiles.

Pourquoi as-tu accepté de collaborer sur cette création ?

C’est porté par la confiance de Greta et de Sylvie que cette collaboration s’est concrétisée. Il s’agissait à la base d’un échange « sur mesure » où Greta m’apportait son expertise concernant les articulations marionnettiques pour ma prochaine création et où, en échange, il m’était possible d’introduire mon regard de marionnettiste de théâtre d’ombre dans la création d’« Hermès ». A petites doses d’expériences à la fois dans l’atelier et sur le plateau, nous avons progressivement trouver un langage artistique commun où nous pouvions écrire ensemble une des séquences du spectacle. Il s’agit pour moi d’une première collaboration artistique pour une autre compagnie et à cette occasion, je suis très contente de découvrir de l’intérieur le processus artistique d’Arketal.

Avec Antoine Oriola

Qui est Hermès ?

Un jeune Dieu qui virevolte quelque part au dessus de la Grèce. Avant tout, il virevolte dans mon imaginaire !

Qu’aimes-tu chez ce jeune dieu ?

Au sujet de l’incarnation d’Hermès dans mon imaginaire, il réside dans ce lieu où se créent mes propres images des mythes grecs (des mythes qui sont pour moi les seules histoires satisfaisantes lorsque je me mets à penser aux origines de notre monde). Paradoxalement à sa jeunesse, Hermès est donc une sorte d’ancêtre. J’aime qu’il soit si ancien et à la fois si proche de moi.

Quels sont les défauts et les qualités d’Hermès ?

Hermès symbolise l’unité. Il est tout à la fois. Je dirais qu’il a tous les défauts possibles et toutes les qualités possibles. Ce personnage jette un trouble sur les préjugés associés à notre langage (qualité=bon / défaut=mauvais). Nous faire songer que parfois un défaut puisse créer une rareté et attiser de la convoitise. Alors qu’une qualité puisse mettre en relief une faiblesse et susciter de la jalousie et du rejet.

Qu’aurais-tu aimé faire avec lui ?

J’aurais aimé voler…mais n’est pas voleur ou aviateur qui veut !

Y a-t-il une chose que tu partages avec Hermès ?

Oui, je suis aussi un voyageur.

Est-ce que tu dessines les personnages en pensant à un spectacle avec des marionnettes ?

Oui et non. Pour le moment, concernant Hermès, j’étais surtout curieux et anxieux de voir quelle serait la tête du nôtre. Par ailleurs la marionnette pose la question de la forme. Difficile de rester abstrait. Ce constat demeure un fil conducteur pour moi quand je dessine pour le spectacle vivant.  C’est peut-être cela qui m’a aidé à éclaircir le trait. Quant à dire si c’est moi qui l’ai fait apparaître ou si c’est lui qui a surgit …mystère !

Que t’inspire le Théâtre de Marionnettes ?

C’est toujours pour moi l’art de rejouer le monde. Le mimer ou s’en affranchir. C’est une oeuvre collective mais qui possède la même faculté qu’une oeuvre d’art  à l’auteur unique : proposer un prisme de vision.

Avec cette création, qu’aimerais-tu dire au public ?

Il faut suivre l’exemple des déplacements Hermès. Voyager de haut en bas, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, sans jamais oublier de faire le chemin inverse. Voyager de bas en haut, d’Ouest en Est et du Sud au Nord. On ne voit souvent pas les mêmes choses lors du voyage aller et lors du voyage retour. Et pourtant toutes ces choses font partie d’un tout qu’il faut recomposer et découvrir sous tous les angles. Ne jamais juger avant d’avoir tout parcouru.

Avec Arnaud Beaujeu

Qui est Hermès ?
Hermès est le plus jeune des dieux de l’Olympe: il en est le messager, mais il est également dieu-passeur, d’où son rôle auprès des voyageurs et des âmes égarées. Il serait également l’inventeur de l’écriture…

Qu’aimes-tu chez ce jeune dieu ?
Son humour, son espièglerie, son intelligence aérienne, la vivacité de son esprit d’enfance.

Quels sont les défauts et les qualités d’Hermès ?
Il a pour défauts d’être menteur, voleur, beau parleur, séducteur, au revers de quoi il peut se révéler un très bon camarade, sensible et profond, sous son apparente légèreté.

Qu’aurais-tu aimé faire avec lui ?
Traverser les frontières du sensible et de l’intelligible; l’accompagner jusqu’aux extrêmes limites de l’indicible; toucher quelque chose du mystère…

Y a-t-il une chose que tu partages avec Hermès ?
Sa curiosité créative.

Est-ce que tu as écrit le texte en pensant à un spectacle avec des marionnettes ?
Non. J’ai d’abord pensé à un spectacle de théâtre pour des acteurs en chair et en os. Sylvie (Osman) et Greta (Bruggeman) m’ont laissé toute liberté à ce sujet. Elles se sont ensuite approprié le texte, avec Antoine (Oriola), le scénographe, afin de le transposer, avec beaucoup de finesse, dans l’univers des marionnettes.

Que t’inspire le Théâtre de Marionnettes ?
Il est l’occasion de libérer les rapports entre les signes, de croiser les dimensions verbales et plastiques (mais pas seulement…), d’interroger la relation entre l’acteur et l’objet-signe en prolongeant les résonances entre le physique et l’abstrait: tout l’univers d’Hermès!

Avec cette création, qu’aimerais-tu dire au public ?

De ne jamais perdre le lien avec la source créative, cette part d’enfance inaltérable, qui fait de nous des êtres libres, pour lesquels tout reste toujours possible.

Avec Alma Roccella

Qui est Hermès ?
J’ai découvert Hermès à travers un texte de Jean Pierre Vernant dans lequel il apparaissait comme figure inversée et double de la déesse, Hestia, gardienne du foyer, de l’espace intérieur et protecteur. Hermès en revanche est un dieu tendu irrésistiblement vers le dehors. Il explore les territoires, arpente les paysages, traverse les frontières, parcourt les mondes, relie les espaces. Terre, Olympe, royaume d’Hadès. Les vivants, les éternels, les morts. Il voyage, circule entre toutes les dimensions de ce monde mythologique grec. Hermès, dieu du passage. Guide des bergers sur la terre, passeur d’âmes sous le terre, il est aussi celui qui transmets les messages entre Dieux et Hommes, qui parlent aux uns comme aux autres, au maître de l’Olympe comme au plus vil voleur.

Qu’aimes-tu chez ce jeune dieu ?
J’aime l’effronterie d’Hermès. Il n’a pas de limite : il dit et fait ce qu’il veut. D’un même élan, il peut tromper et aider. Cette grande liberté me fascine et fait de ce personnage, pour moi, une figure profondément insoumise, rebelle, transgressive. Inclassable. J’admire sa créativité. Il déborde d’idées et d’inventivité. Son imagination aussi est sans limite : une histoire, une ruse ou une lyre.

Quels sont les défauts et les qualités d’Hermès ?
Ce qui est amusant avec Hermès, c’est que ses qualités sont aussi ses défauts et inversement. Je pense que c’est pour cela qu’il me touche autant. En cela, il est plus proche des hommes que ne le sont les autres Dieux. Il ne peut être réduit à des catégories aussi étroites que qualité/défaut, bien/mal : Hermès les abolit et les dépasse

Qu’aurais-tu aimé faire avec lui ?
Descendre dans le royaume d’Hadès et guider les âmes des Morts. C’est un geste plein de beauté et d’amour qu’accompagner ce glissement vers la mort. Un autre passage, un autre monde.

Y a-t-il une chose que tu partages avec Hermès ?
Son goût des mots et de la parole. Son enthousiasme aussi.

Avec cette création, qu’aimerais-tu dire au public ?
Ce regard qu’Hermès porte sur tout ce qui l’entoure, un regard plein de gaieté, d’inventivité et de malice qui transforme le monde en vaste terrain de jeu et d’expérience.

Que t’inspire le Théâtre de Marionnettes ?
Des passages. Des passages entre des mondes, entre des sensations, entre des concepts. Qui relient ce qui semblait ne pouvoir que s’opposer. Un lieu où peut se manifester l’étrange, le trouble, l’ambiguë. Où peut se dire ce qui d’ordinaire est tu. Où peut se voir ce qui d’ordinaire est caché. Un lieu offert à l’imagination pour qu’elle puisse se déployer. Ouvrir le champ des possibles.
Un lieu de rencontre. Des mots, des images, des êtres, des espaces, des couleurs, des sons, des mouvements, des voix, des corps …

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